Appel à communications

Le 56ème colloque de l’Association de Science Régionale de Langue Française (ASRDLF) associé au colloque annuel de l’Association Roumaine de Science Régionale à l’Université Alexandru Ioan Cuza de Iasi (Roumanie) se tiendra, du 4 au 6 Juillet 2019.

Le « Rideau de Fer » a partagé l’Europe en deux et ses effets, même après sa disparition physique à la fin des années 80, se ressentent à différents niveaux (économique, social, culturel…). Pendant cette même période, les rapports Nord-Sud, en particulier entre Europe et Maghreb, sont restés marqués par de profondes asymétries de développement, en dépit d’une tendance mondiale au mimétisme dans la « circulation » des modèles de développement et d’aménagement. Or, c’est aussi pendant cette période, postérieure aux années 80, que le Développement durable, en dépit d’un manque de stabilisation du concept, s’est imposé à travers le monde comme référentiel de l’action publique, et parfois privée, en matière d’aménagement et de développement territorial à toutes les échelles géographiques.

C’est pourquoi l’objectif spécifique de ce colloque est de débattre de l’adaptation des nouvelles dynamiques spatiales et des politiques territoriales en faveur de la durabilité à travers le monde, à l’Est comme à l’Ouest, au Nord comme au Sud.

Le colloque sera ainsi l’occasion d’analyser les probables différences d’adaptation des politiques territoriales aux nouvelles dynamiques locales et régionales, et à la façon dont elles font face à l’exigence de la durabilité. Le questionnement spécifique de ce colloque concernera donc une évaluation des différences, voire même des divergences, dans la façon dont on aborde la question du développement territorial durable entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, et en leur sein. En effet, nous présumons, et le colloque sera l’occasion de le vérifier, que la mise en territoire du développement durable ne conduit pas nécessairement à des options tant environnementales que sociales ou économiques similaires. En effet, si la transition à l’Est a amené les sociétés concernées dans la sphère de l’économie capitaliste et l’entrée des pays du Sud de la Méditerranée dans la mondialisation, les héritages, tant culturels que sociaux, ou encore en termes de gouvernance, ont conservé des évolutions et des voies différentes pour les pays et leurs régions. En outre, si le développement durable est devenu un référentiel de l’action publique, et même parfois de l’action privée, au sein des territoires, on constate de grandes différences dans la prise en compte des attentes environnementales et sociales face aux objectifs purement économiques.  Or, tout semble indiquer que l’importance relative attribuée aux différents « piliers » ou dimensions du développement territorial durable dans les projets de territoire reste fortement dépendante de l’ampleur des inégalités socio-économiques internes que peut connaître chaque pays. 

L’année 2019 marquera d’une manière symbolique les 30 années de transition à l’Est ; une transition, parfois dirigée, spontanée d’autres fois, mais ayant des impacts largement différents selon les pays. Si en première analyse, cette transition paraît se conclure globalement par un rapprochement du modèle occidental et de ses trajectoires de développement, l’approche comparatiste, privilégiée par ce colloque, doit nous conduire à des visions beaucoup plus nuancées, mettant en exergue les spécificités du développement territorial de part et d’autre et au sein de chacun de ces espaces.

Le débat sur le contenu à donner à la perspective du développement territorial durable et aux voies de son opérationnalisation ne se limite évidemment pas à une confrontation Est-Ouest. Entre le Nord et le Sud, et notamment entre Europe et Maghreb, en dépit de dynamiques de croissance particulièrement impressionnantes dans certains pays du Sud ou du Nord, la persistance de phénomènes tels que la grande pauvreté, la fragmentation socio-spatiale des territoires (métropolitains ou non), la fracture urbain – rural, le poids des activités tend à renforcer notamment le recours à « l’empowerment » des communautés en situation d’exclusion et à affirmer leurs valeurs culturelles spécifiques. Dès lors, la dimension socio-culturelle y semble prendre le pas sur les objectifs strictement environnementaux. Dès lors, l’appréhension du développement durable au sein des territoires du « Sud » a des choix de priorité et a des formes d’action publique singuliers. C’est pourquoi des communications portant sur des réflexions et/ou pratiques territoriales menées dans d’autres contextes que ceux des pays de l’Ouest ou de l’Est, notamment au « Sud » peuvent utilement contribuer à l’échange.

En définitive, la possibilité, ouverte par ce colloque, d’examiner les dynamiques et politiques territoriales au prisme de la durabilité offre de nouvelles perspectives de recherche et de réflexion permises par le croisement des regards, dont on attend un enrichissement des conceptions, à la fois théoriques et pratiques, quelles que soient les échelles territoriales ou les espaces retenus (rurale, urbaine, régionale, nationale, macro-régionale, etc.).

Au total, les questions spécifiques du colloque auxquelles on cherchera des éléments de réponses à travers la comparaison Est-Ouest et Sud-Nord peuvent se résumer de la façon suivante :

  • A quel point et comment les trajectoires en terme de développement régional et de politiques territoriales se sont rapprochées entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est ?
  • Quelles sont les réponses, notamment en termes d’innovations techniques mais aussi sociales, apportées au défi de la « mise en territoire » du développement durable ?
  • Comment aborder les nouvelles politiques territoriales face aux possibles crises (climatique, migratoire, économique, politique, etc.) à venir ?
  • Comment prendre en compte les différentes échelles territoriales dans l’analyse des dynamiques spatiales et dans l’élaboration des politiques et actions de développement territorial durable ?
  • Comment associer à une approche purement environnementaliste du développement territorial durable les dimensions sociale, culturelle et économique ?
  • Les politiques territoriales peuvent-elle contribuer au rapprochement et à l’homogénéisation des trajectoires de développement entre l’Est et l’Ouest, le Sud et le Nord ?
  • Quelles sont les voies stratégiques et pratiques d’une plus grande opérationnalisation du développement territorial durable ? la mise en pratique des principes de l’économie circulaire peut-elle contribuer à cette opérationnalisation ?
  • Comment les politiques publiques menées aux différentes échelles (locale, régionale, nationale, européenne) sont-elles impactées par la façon de concevoir le développement territorial durable ?

Il est attendu que ces questions puissent être débattues soit par des communications privilégiant de façon directe l’analyse comparée, soit par des communications de caractère théorique, et/ou analysant des réalités de terrain spécifiques.

L’appel à communications pour le colloque de 2019 est ouvert du 15 janvier 2019 au 1er avril 2019. Les propositions doivent être faites directement sur le site du colloque à l’onglet 'j'envoie mon résumé' et s’inscrire soit dans une thématique spécifique du colloque (T1 à T7), soit dans une des thématiques récurrentes (A à F), soit dans une session spéciale – voir l'onglet Session.

Les propositions sont évaluées par deux experts. L’avis quant à l’acceptation de la communication sera transmis à l’auteur mi-avril.

Consignes aux présentateurs :

Les propositions de communication doivent comprendre les éléments suivants :

  • 1.   Les coordonnées précises du ou des auteurs;
  • 2.   Le titre de la communication;
  • 3.   La référence à une ou deux thématiques ou sessions visée(s);
  • 4.   L’objectif de la communication, l’originalité du sujet, la méthode, les résultats obtenus clairement exposés et justifiés (un résumé d’environ 800 mots);
  • 5.   Cinq mots-clefs;
  • 6.   Une bibliographie précise et spécifique (15 références pertinentes au maximum).

Modalités particulières pour les doctorants ou jeunes docteurs

Un prix sera attribué à la meilleure communication écrite et présentée par un (ou plusieurs) doctorant(s) ou jeunes docteurs. Pour participer à ce concours, les auteurs devront préciser dans leur fiche d’inscription le titre de la communication soumise, le titre de leur thèse, le nom de leur université d’inscription doctorale, éventuellement l'année d'obtention du doctorat et le nom de leur(s) directeur(s) de thèse. Plus de détails plus tard sur le site.

Les étudiants pourront aussi, concourir à une bourse de financement pour leur participation au colloque.

Communications définitives

Après acceptation par le comité scientifique, le texte complet des communications, aux normes de style imposées, devra parvenir aux organisateurs du colloque au plus tard le 1er juin 2019. Les envois de communications définitives s’effectueront directement en ligne par les participants.

Pour poster vos communications, veuillez-vous référer au mail de notification d'acceptation de votre résumé reçu mi-avril. Vous y trouvez un lien permettant l'accès à l'interface d'envoi de votre communication définitive. Il vous est possible de remplacer à tout moment une communication déjà postée via cette interface.

Téléchargez la feuille de styles ci-dessous.
Feuille de style - ASRDLF/ARSR-2019
Feuille de style - ASRDLF/ARSR-2019 (anglais)

Les textes des communications (20 pages environ (y compris les figures, tableaux et la bibliographie)) doivent être envoyés en format .doc (Document Word 97-2010) ou en .pdf.

En cas de difficultés ou de questions, un message pourra être adressé à contact@asrdlf2019.org